Checklist de prise de poste : dix minutes qui évitent une journée perdue
Une liste de contrôle imprimée dans le camion vaut mieux qu'un opérateur consciencieux et pressé.
Le contrôle de prise de poste est une obligation de l'utilisateur et le meilleur investissement de temps de la journée. Il prend dix minutes et attrape à peu près tout ce qui peut immobiliser un chantier.
1. Les documents
- Rapport de VGP : correspond-il au numéro de série de la machine livrée ? Date dans les six mois ?
- Notice constructeur en français, à bord ou accessible.
- Fiche de pression au sol, si le chantier comporte une dalle, un plancher ou un sol incertain.
- Autorisations de conduite des opérateurs, pour la bonne catégorie.
Si un document manque, demandez-le avant de démarrer, pas après.
2. L'état visuel, machine à l'arrêt
- Vérins : aucune trace d'huile sur les tiges, pas de rayure profonde.
- Flexibles : pas de craquelure, pas de frottement, raccords secs.
- Structure : pas de fissure visible aux articulations et aux pieds de flèche, pas de déformation.
- Panier : garde-corps complets, portillon qui se referme et se verrouille, plancher sain, point d'ancrage du harnais présent et lisible.
- Pneus ou chenilles : usure, pression, absence de coupure. Patins de stabilisateurs complets.
- Plaques et marquages : charge maximale, vitesse de vent admissible, schéma d'enveloppe, lisibles.
3. Les niveaux et l'énergie
- Carburant : niveau suffisant pour la journée, pas seulement pour démarrer.
- Batteries : état de charge mesuré à l'indicateur, pas supposé. Une machine qui affiche trois barres à 8 h ne finira pas la journée.
- Huile hydraulique : niveau dans la plage, pas de trace de fuite sous la machine.
4. Les sécurités, moteur tournant
1. Arrêt d'urgence au sol : appuyer, vérifier la coupure, réarmer.
2. Arrêt d'urgence au panier : idem.
3. Pédale ou bouton homme-mort : relâcher, tout doit s'arrêter.
4. Avertisseur sonore et gyrophare.
5. Basculement du sélecteur sol / panier : vérifier que le poste sol reprend la main.
6. Descente de secours : localiser, comprendre, essayer à faible hauteur.
Le sixième point est celui qu'on saute. C'est le seul qui compte vraiment le jour où la machine s'arrête en l'air — voir notre procédure de descente de secours.
5. Les essais de fonctionnement
À vide, à faible course, depuis le poste sol puis depuis le panier : montée, descente, rotation, sortie et rentrée de flèche, translation, stabilisateurs. Écoutez : un bruit de pompe qui force, un à-coup, une dérive lente d'un vérin sont des signaux.
Vérifiez le comportement du capteur de dévers en inclinant légèrement la machine si le terrain le permet : l'alarme doit se déclencher et les mouvements se brider.
6. L'environnement de travail
C'est l'examen d'adéquation, obligation de l'utilisateur :
- Lignes électriques aériennes : repérées, distance mesurée, 3 ou 5 m appliqués.
- Sol : nature, portance, regards, tranchées récentes, bord de fouille. Plaques nécessaires ?
- Hauteurs libres : linteaux, poutres, câbles, auvents sur le parcours.
- Co-activité : engins, circulation, personnes sous la zone de travail. Balisage en place.
- Vent : mesuré ou estimé, seuil de la machine connu.
- Repli : où redescendre et se garer si le vent monte ou si un incident survient.
Cette liste tient sur une feuille A4. Imprimez-la, laissez-la dans le camion, et faites-la signer par l'opérateur : c'est aussi la trace qui vous protège en cas de contrôle.
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